Sciences Po Paris: vers un cycle euro-méditerranéen à Menton


Sciences Po Paris devrait ouvrir à la rentrée 2004 ou 2005 une antenne délocalisée à Menton consacrée au monde euro-méditerranéen, sur le modèle des premiers cycles de Nancy, Poitiers et Dijon.

La direction de l'institut s'est tournée vers les Alpes-Maritimes après l'échec de son projet à Casablanca, en 2001. Les sources de financement n'étaient pas suffisantes, des problèmes de locaux et d'équipes sont intervenus, et Sciences Po s'est heurtée au ministère des Affaires étrangères français qui souhaitait faire payer aux étudiants étrangers les droits d'inscription du marché, ceux d'une université privée au Maroc, et non les droits habituels de Sciences Po.
"Il y a urgence à pénétrer le monde musulman, méditerranéen, arabe", a déclaré au Figaro son directeur Richard Descoings, qui a poursuivi cette idée de 1er cycle "sans l'aide de l'Etat". Les principes de la formation à Menton seront les mêmes que ceux du 1er cycle franco-germanophone de Nancy, ouvert en octobre 2000, ainsi que des 1ers cycles ibéro-américain de Poitiers et est-européen de Dijon, depuis la rentrée 2001. Le recrutement se veut biculturel: une cinquantaine d'élèves par an pour chaque 1er cycle, pour moitié français, moitié étrangers. Les premiers ont passé le concours national de Sciences Po puis ont été sélectionnés selon leur motivation à suivre le cursus spécialisé. Les seconds doivent passer une première étape d'examen de leur dossier puis un entretien de recrutement. Selon leur niveau initial, ils intègrent la 1ère ou la 2e année du cycle.

"augmenter le nombre des élèves"
Les enseignements, identiques à ceux de la rue Saint-Guillaume (droit, histoire, économie...), avec en plus un approfondissement de la culture d'une région, se font en trois langues (français, anglais et une langue de la région étudiée). Après trois années d'études, dont deux sur le campus en province et une à l'étranger ou en stage, les étudiants rejoignent Paris pour les 4e et 5e années afin d'obtenir le master de Sciences-Po.
Avec cette délocalisation supplémentaire à Menton, l'institut poursuit son maillage du territoire et oblige les autres IEP à évoluer (voir : Sciences Po Rhône-Alpes-Méditerranée (http://www.boivigny.com/index.php3?action=page&id;_art=59148)). "Nos capacités d'accueil sont limitées à Paris. C'est pour nous l'occasion d'augmenter le nombre des élèves, de démocratiser le recrutement, tout en conservant des spécialisations fortes", soutient-on à la direction de Sciences Po Paris. C'est aussi une "force de frappe internationale" grâce à cet enseignement trilingue, selon les promoteurs de cette politique ambitieuse.

Alison Cartier 
2003-12-02
source http://www.boivigny.com