Les écoles de journalisme et le marché du travail


Onze écoles de journalisme sont aujourd’hui reconnues par la profession. De la nouvelle vague (EJCM à Marseille, EJT à Toulouse…) ou de l’ancienne (ESJ, CFJ…), elles dispensent toutes une formation complète et pointue qui surclasse les diplômés par rapport aux offres d’emplois dans la presse à l’heure actuelle.

 
L’IUT de Lannion, antenne de l’université de Rennes I, qui forme chaque année une trentaine d’étudiants au journalisme, a annoncé fin septembre être la onzième école à avoir été «reconnue par la profession», selon la formule consacrée (1). En juin, c’était l’Institut de la communication et des médias (ICM) de Grenoble-Echirolles qui était agréé. La commission nationale paritaire de l’emploi des journalistes (CNPEJ) étudiait le dossier de la formation dispensée par l’ICM, rattaché à l’université Stendhal (Grenoble III), depuis juin 2002. Un master en journalisme (cursus de deux ans) sera ainsi ouvert à la rentrée 2004.

Nombreux sont les établissements à frapper à la porte du cercle fermé de ces écoles prestigieuses, parmi lesquelles l’ESJ-Lille, le CFJ, le CUEJ, le CELSA, qui proposent une formation initiale, à la fois générale et technique, répondant à 10 critères définis par la CNPEJ selon les besoins du métier. Sortir d’un de ces établissements, publics ou privés, permet de diminuer de 2 à 1 an la durée d’obtention de la carte de presse de journaliste titulaire. Surtout, c’est le gage d’une insertion facilitée dans une entreprise de presse, après un stage ou un CDD de fin d’études notamment.

400 diplômés par an
Quelque 400 diplômés rejoignent chaque année la profession par le biais de ces écoles. Leur niveau d’études est élevé, tant à l’entrée (en moyenne la moitié des étudiants de l’ESJ viennent d’un IEP par exemple) qu’à la sortie, étant donné que le niveau du diplôme tend à se généraliser à bac +5. Mais encore faut-il des places pour cette «élite» du journalisme : or dans un contexte économique déprimé, presse nationale, radio, télévision et multimédia n’offrent que peu de débouchés. Passé l’appel d’air crée par la mise en place de la RTT, les apprentis journalistes devront sans doute attendre les départs massifs en retraite, à partir de 2006, pour trouver des postes fixes – et non plus faire leurs premières armes en tant que pigistes, un statut précaire.

Reste que le journalisme demeure une profession ouverte, et les personnes se formant dans des cursus non reconnus ou sur le tas sont souvent moins réticentes à se tourner vers la presse professionnelle ou spécialisée, secteurs dynamiques. Un chiffre : parmi les 2307 nouvelles cartes de presse attribuées en 2002, seules 265 l’étaient à des titulaires d’un diplôme délivré par l’une des écoles reconnues par la profession, soit 11,49%.

(1) Selon le Syndicat national des journalistes (SNJ), la procédure de reconnaissance de l'IUT de Lannion n'est pas totalement achevée, des points techniques devant être résolus.

voir tableau des écoles (http://www.boivigny.com/index.php3?action=page&id;_art=50055
NB : reconnaissance d'une 12e école, l'IFP, en mars 2004 (http://www.boivigny.com/index.php3?action=page&id;_art=76520

Alison Cartier 
2003-10-08
source http://www.boivigny.com