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UNEF: « C'est à l'Etat de prendre en charge l'enseignement supérieur.»


Mickaël Zemmour, chargé du dossier des frais universitaires, à l'UNEF (Union Nationale des Etudiants de France), étudiant en maîtrise de sciences économiques à Paris X-Nanterre.



-L'UNEF, pour ou contre l'augmentation des frais de scolarité à l'Université ?

Nous sommes clairement contre, car il appartient à l'Etat de prendre en charge l'enseignement supérieur. S'agissant des frais d'inscription comme de leur augmentation, la volonté politique du gouvernement est d'individualiser la dépense d'éducation aujourd'hui supportée par l'Etat. Or, cette volonté est injuste socialement, parce que les étudiants, en tant qu'individus, ne sont pas tous favorisés. Elle est également injuste parce que l'enseignement supérieur représente, pour la société dans son ensemble, un investissement collectif en qualifications.

- L'Université a pourtant besoin de trouver des ressources supplémentaires…

L'Université a besoin de plus d'argent, c'est évident. Mais ce n'est pas aux étudiants de pallier le manque de financement des universités. Et ce, pour deux raisons : d'abord parce que si tel était le cas, les sommes seraient démesurées au regard de ce que peuvent assumer les étudiants, ce qui serait absurde ; ensuite parce qu'il est de la responsabilité de l'Etat d'augmenter le financement des universités.

N'est-il pas souhaitable que les entreprises participent davantage au financement de l'enseignement supérieur ?

Le financement par les entreprises existe déjà, via la taxe professionnelle. Mais ce système fonctionne mal : les entreprises peuvent choisir de la donner à une université ou à une école privée, les universités ne touchent donc qu'une part réduite de la collecte. En outre, l'attribution de cette ressource n'est pas optimale puisque certaines filières, telle Lettres, sont moins financées que d'autres.
Selon nous, il peut donc exister d'autres pistes à explorer pour financer l'Université et la réforme de la taxe professionnelle peut en être une, mais le financement doit avant tout provenir d'un engagement collectif.

-Comment vos idées sont-elles perçues ?

La campagne que nous avons menée en juillet dernier au sujet des frais illégaux a été bien perçue, et bien comprise. Les étudiants aussi bien que les parents sont manifestement choqués par l'augmentation des droits d'inscription, tout autant que par l'existence de frais illégaux dans un service public. L'Université, je le rappelle, est un service public, on ne devrait donc pas le faire payer par les étudiants.


Propos recueillis par Frédéric Imhoff
18 Septembre 2005

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