La Révolution française étend ce système de recrutement à l’ensemble des administrations techniques en suscitant la création de l’Ecole polytechnique en 1794. Napoléon lui donne un statut militaire en 1804. L’objectif de l’établissement est de perfectionner la formation, mais aussi de démocratiser le recrutement, l’autorisation de passer les examens n’étant jusqu’alors accordée qu’à ceux pouvant prouver la qualité de leur naissance ou une parenté avec un officier. Seul le critère du mérite compte désormais. Ainsi, le concours de l’Ecole polytechnique, organisé dans une vingtaine de villes, est-il ouvert à tous. Le nombre de places offertes est élevé, car les débouchés ont été étendus au génie maritime et aux grands corps civils, ponts et chaussées, mines. L’esprit de corps propre aux écoles apparaît.
Ce sont les professeurs de mathématiques des écoles centrales, ouvertes dans chaque département en 1795, qui préparent alors les candidats, puis les classes de mathématiques spéciales dans les lycées créés en 1802. Cette organisation n’est possible que grâce à l’existence d’une véritable corps enseignant de professeurs de mathématiques : l’agrégation de sciences est instituée en 1808, sa spécialisation en mathématiques et en sciences physiques en 1840. La fondation de l’Ecole normale supérieure, pour la formation de ces professeurs, remonte à 1794. Parmi les autres grands établissements qui apparaissent au XIXe siècle figurent l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, l’Ecole navale et l’Ecole forestière. Le système des grandes écoles suscite alors l’admiration partout en Europe, et l’Ecole polytechnique comme l’Ecole centrale sont prises comme modèles jusqu’aux Etats-Unis.