Pour gérer leur développement, les écoles de commerce et de management peuvent notamment accroître leur offre de programmes (croissance interne). Ainsi à côté du traditionnel programme « Master » également appelé « grande école », elles ont lancé des MBA, et s'attaquent maintenant au marché des Bachelors, qui sont l'équivalent des Licences (une dénomination pour l'instant réservé aux universités). Ces bachelors sont très rentables pour les groupes d'écoles, explique Thomas Roux, car les enseignants sont souvent moins qualifiés et la taille des promotions plus importantes. Toujours dans le but d'atteindre la taille critique, les écoles peuvent fusionner, se regrouper, ou procéder à des rachats (croissance externe). Récemment, Euromed Marseille s'est ainsi rapproché de l'Ecole Supérieure de Commerce et de Technologie et de l'Ecole internationale de Design de Toulon. De son côté, Audencia Nantes a pris en charge la gestion de l'Ecole Atlantique de Commerce et de Sciences Com. Quant à l'ESC le Havre, elle a fusionné avec Sup Europe pour donner naissance à l'Ecole de Management de Normandie.
Le cabinet Precepta s'intéresse également à la politique de marque des différentes écoles : certaines choisissent de « fédérer l'ensemble de leurs produits sous un même label », c'est-à-dire de proposer toutes leurs formations sous une seule marque. C'est par exemple ce que font l'EM Lyon ou HEC, qui s'appuient «sur la puissance et la force de leur vaisseau amiral». D'autres groupes préfèrent gérer les différents programmes ou écoles sous différents labels, comme les groupes PGSM (Paris Graduate School of Management) ou INSEEC, mais aussi l'Edhec avec son programme Espeme et l'Essec avec son programme EPSCI. Ce choix facilite la spécialisation sectorielle et apporte plus de clarté dans le portefeuille de produits.
Enfin, chacune de ces écoles doit choisir un positionnement : international et généraliste, international et spécialisée, national ou régional, locale ou locale low cost. C'est même un impératif dans le contexte de concurrence actuel. Dans le cadre d'un positionnement au niveau national, les écoles peuvent essayer d'attirer les étudiants sur un seul campus ou bien encore d'ouvrir des campus sur tout le territoire, ainsi que l'ont fait l'Idrac, l'Ifag, l'Inseec ou l'IGS. Or « de nombreuses zones géographiques à moindre densité d'implantation, notamment sur le segment des programmes courts, demeurent sous-exploitées », précise l'étude, incitant à se saisir de cette « part du gâteau ».