Dans une interview donnée au Figaro le 27 février, la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, estimait que « le problème du classement de Shanghai, c’est son existence ». Elle jugeait également qu’il faudrait « établir notre propre classement au niveau européen ». La présidence française de l’Union européenne devrait ainsi être l’occasion d’établir un label européen de qualité, faisait-elle savoir. Les critères d’attribution de ce label devraient être de plusieurs types et prendre en compte la qualité des formations, de la recherche, des locaux, du campus...
Même en se limitant à l’Europe, si l’on se base uniquement sur les critères choisis par l’université Jiao Tong, notre pays n’en reste pas moins à la sixième place. Derrière le Royaume-Uni - intouchable avec ses deux universités stars, Cambridge et Oxford – mais aussi la Suisse, la Suède, l’Allemagne et les Pays-Bas. La France ne dépasse en fait la Belgique que d’une courte tête (3).
Les Européens ont tout intérêt à créer leur propre classement, avec leurs propres critères, afin de ne pas laisser une université chinoise ou les magazines américains imposer les règles du jeu. Il n’est toutefois pas certain que ce soit le rôle des institutions bruxelloises. Plusieurs organismes publics ou privés produisent déjà des palmarès : de l’autre côté de la Manche, il y a celui du Times Higher Education Supplement ou encore celui réalisé par le Financial Times (pour les programmes en gestion). Outre-Rhin, le classement des universités d’excellence du CHE (Center For Higher Education Development) a récemment distingué quelques établissements français (Paris Sud, l’UPMC, l’université Denis Diderot et l’université de Strasbourg notamment). On peut encore citer celui du Centre d’études sur les sciences et les technologies (CWTS) de l’université de Leiden établi à partir d’indicateurs bibliométriques. Il y a même eu une récente tentative par l’Ecole des Mines pour établir un nouveau type de classement international des universités. Sans grand succès médiatique en dehors de nos frontières, cela dit.