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Le combat des IAE pour exister au futur


Le réseau des Instituts d’Administration des Entreprises (IAE) a publié son livre blanc le 3 octobre dernier. Alors que 20 universités vont mettre en place l’autonomie promise par la loi Pécresse et que les rapprochements avec les grandes écoles, dont les Ecoles Supérieures de Commerce (ESC), se font plus nombreux, les IAE tiennent à rappeler qu’ils sont une composante nécessaire et dynamique des universités. Un enjeu essentiel pour exister demain.



IAE de Lille
IAE de Lille
« Les universités, pour être puissantes, doivent-elles être centralisées ? Nous pensons que ce n’est pas le cas. Les pôles universitaires doivent s’appuyer sur leurs composantes fortes, avec leur marque et leur marché spécifique, c’est le meilleur moyen d’entraîner un développement global. » En défendant un modèle décentralisé, Pierre Louart, président du réseau national des Instituts d’Administration des Entreprises (IAE), prêche pour sa chapelle.

Le moment est crucial pour les 30 IAE et ceux-ci entendent jouer leur chance à fond. « Aujourd’hui, les universités sont dans une période de turbulence, cela présente des opportunités et des risques, les IAE souhaitent faire valoir leurs forces pour montrer ce qu’il est possible de faire », continue Pierre Louart. C’est que les restructurations universitaires et la mise en place de l’autonomie voulue par la loi Pécresse sont lourdes de dangers pour les IAE. Avant la loi, ils bénéficiaient d’une certaine autonomie au sein d’une université où l’Etat avait le dernier mot. Maintenant que les pouvoirs vont se concentrer plus largement entre les mains des présidents d’université, rien ne dit que ceux-ci laisseront la même marge de manœuvre aux IAE.

D’autant qu’ils n’obtiendront pas, a priori, un nouveau statut unique au niveau national, comme ils l’avaient un temps espéré. Obtenir un statut commun, à l’instar des IEP, aurait été pratique, mais les IAE ne sont pas les seuls à souhaiter une telle évolution et il semblerait que la CPU (Conférence des Présidents d’Université) y soit fermement opposée. Toutefois pour Pierre Louart, qui fait contre mauvaise fortune bon cœur, ce statut n’est pas forcément nécessaire : « il faut que le ministère mette en place des facilitations légales pour que les universités puissent créer des instituts, par exemple des regroupements d’IAE comme il en est question pour ceux d’Angers, Le Mans et Nantes ». Pour le reste, il y aura des négociations locales, au cas par cas. Les IAE ne sont donc sûrs de rien, il ne leur reste que leur volontarisme et leur dynamisme.

Le bras de fer avec les écoles de commerce

Conférence à l'IAE de Lyon
Conférence à l'IAE de Lyon
Ils le clament haut et fort : « Les IAE sont les écoles de management des universités. Ils sont réactifs, professionnalisants et proches des entreprises. Mais aujourd’hui, nous avons besoin de moyens encore plus importants pour affronter la concurrence internationale ». Et sûrement, d’abord, la concurrence française. Le constat des présidents d’IAE est simple : à part quelques grandes écoles de management, la plupart des ESC n’offrent pas plus aux étudiants qu’un IAE, mais coûtent bien plus cher. Dès lors, pourquoi ne pas doter les IAE de manière aussi conséquente que les écoles de commerce ? Le budget de ces dernières tourne autour de 25 millions d’euros, dont 6 millions reçus en moyenne des chambres de commerce, alors que l’Etat ne verse en moyenne que moins de 3 millions aux IAE (salaires des enseignants et personnels administratifs inclus) pour un budget total avoisinant les 8 millions. Une inégalité devant l’argent « public » jugée anormale pour des résultats équivalents en terme d’insertion professionnelle.

L’argent est clairement le nerf de la guerre. Mais, s’ils souhaitent plus d’équité avec les ESC, les IAE ne viennent pas mendier des subsides. Ce qu’ils souhaitent, c’est qu’on leur donne les moyens d’aller chercher les fonds nécessaires. « On a les contrats pro, la formation continue, la taxe d’apprentissage », explique Alain Ged, président de l’IAE d’Aix, « on aimerait pouvoir faire payer des droits spécifiques aux étudiants étrangers, qui coûtent cher, on aimerait surtout pouvoir aller chercher des partenariats privés. Pour ça, on doit être autonomes, réactifs ». En clair, les IAE voudraient une personnalité morale afin de pouvoir signer des contrats, quitte à ce que ceux-ci soient vérifiés a posteriori par la présidence de l’université.

Des idées pas toujours simples à faire passer quand, au sein de certaines universités, des filières diverses ouvrent des cours de management sans concertation avec les IAE, qui sont pourtant la référence dans cette discipline. Les Instituts d’Administration des Entreprises suggèrent donc fort logiquement qu’on leur confie la coordination des enseignements et de la recherche en management au sein des universités. Et surtout que les autres composantes cessent de marcher sur leurs plates-bandes. Aujourd’hui, des « UFR de lettres, de STAPS, de sociologie, de communication de sciences ou de droit » se permettent « de créer des diplômes de management ou de gestion sans concertation avec les enseignants chercheurs de ces disciplines », soulignent les IAE outrés, qui accusent de tromperie sur la marchandise. « Que dirait-on si nous décidions de dispenser des cours de médecine ? », interroge ainsi Pierre Louart.

Autre sujet qui fâche : quand l’EM Lyon se propose de rentrer en tant que membre associé dans le PRES de l’université de Lyon, les IAE voient rouge. « Et l’IAE de Lyon dans tout ça ? Des rapprochements, oui, on est d’accord, mais pas n’importe comment ! Nous souhaitons créer des liens là où c’est utile, même si les différences de statuts, de coûts pour l’étudiant rendent les choses difficiles, y compris au niveau des PRES. Ce que nous voulons avant tout c’est un dialogue égalitaire », assène fermement Pierre Louart.

Les IAE ont bien conscience de la nécessité de créer des champions régionaux en management pour se mettre au niveau de la concurrence internationale, d’avoir une recherche dynamique, de garder les meilleurs éléments et en attirer d’autres. Ils entendent être la base et le fer de lance de ces futurs pôles. Mais seront-ils écoutés ? Les ESC ne s’associeront-elles pas aux présidents d’université pour leur damer le pion et accéder à leurs écoles doctorales tout en vidant les IAE de leur substance ? Le bras de fer est engagé.

09/10/2008
David Allais
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Voir aussi : em lyon, esc, iae, lru, pres
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Commentaires des lecteurs

1.Posté par Cyril GOLOVTCHAN le 23/11/2008 20:48

L'IAE est une formation d'excellence comparé à la faculté.

2.Posté par Grégory le 28/11/2008 15:54

L'IAE est très bien quoté, notamment par ses MBA / MAE (MASTER Administration des Entreprises).

3.Posté par Grégory le 28/11/2008 15:58

Ici le lien pour les formations initiales qui ne paient quasiment rien par rapport à un MBA en école de commerce dont les formations sont (avis personnel) pour moi équivalentes. En effet les frais de formation sont facultatifs (mais conseillés).

4.Posté par MS le 14/12/2008 22:43

Le blog sur la reforme est ici:

http://www.reformeiae.blogspot.com/

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