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Le Bac : ex-gardien du temple universitaire




Quand on pense « sélection à l’entrée de l’université », on pense examen –ou concours d’entrée-, mais plus rarement au Bac. Pourtant le diplôme du Baccalauréat a la particularité de sanctionner tout à la fois la fin des études secondaires et d’ouvrir l’accès à l’enseignement supérieur. Ainsi, « la réussite à l'examen détermine la collation par l'Etat du grade universitaire de bachelier », selon les textes de référence (1). En plus clair, et comme on a coutume de le dire, « pour entrer à la fac, le Bac suffit ».

On oublie un peu vite que le Bac n’a pas toujours été évident à obtenir pour tout le monde et qu’il était le privilège d’une minorité jusque dans les années 90. Ainsi seuls 20% d’une classe d’âge l’obtenaient en 1970, et 36% en 1989. Ce n’est en réalité que dans les années 90 que la barre des 50% a été allègrement franchie. En 2003, ils étaient ainsi 63% d’une classe d’âge en France à obtenir le premier grade universitaire (2). Un chiffre qui traduit l’élévation du nombre de candidatures (3), et donc du niveau scolaire moyen, mais également un taux de réussite qui s’est accru dans le temps, de l’ordre de 80% aux dernières sessions. En conséquence de quoi il est devenu plus facile d’entrer à l’université, et le Bac a perdu de sa superbe.

Il n’en demeure pas moins une institution, bientôt bicentenaire. Véritable rite initiatique, il marque le passage entre deux mondes: celui du secondaire et celui de l’enseignement supérieur. Dans ce contexte, le projet de loi sur l’école du ministre de l’Education nationale François Fillon, qui risquait d'introduire une rupture d'égalité entre les titulaires du Bac, a été mal perçu. Il comportait dans son rapport annexé, avant qu'elles ne soient retirées, des dispositions prévoyant d’introduire davantage de contrôle continu pour pouvoir limiter l’examen final à six épreuves. A niveau égal, le Bac aurait été plus facile à obtenir dans un lycée que dans un autre.

NB :

(1) décret n°93-1092 du 15 septembre 1993 modifié par les décrets n°95-1206 du 10 novembre 1995,97-879 du 26 septembre 1997, n°99-380 du 12 mai 1999, n°2001-65 du 19 janvier 2001, n°2002-1291 du 24 octobre 2002.
(2) Données du ministère de l’Education nationale
(3) A mettre au crédit notamment de la montée en puissance des baccalauréats technologiques et professionnels

20/03/2005
P-A. Pillet
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