Que recherche au juste l'AERES, installée il y a à peine un an, et dont la mission est d'évaluer les formations et diplômes des établissements d'enseignement supérieur? Elle veut éviter le chevauchement de ses compétences avec celles de la CTI, mais aussi favoriser la "lisibilité" du système français à l'international, profiter des compétences de la commission, et encore unifier l'évaluation des écoles d'ingénieurs et de leurs unités de recherche. De son côté, la CTI fait valoir que son "absorption" est "en totale contradiction avec les dispositions législatives" qui la régissent, "confirmées par le Parlement en 2003 lors de la ratification du Code de l'Education". Elle remarque aussi qu'elle a d'autres missions que l'évaluation des enseignements, telle "la production d'avis et décisions concernant les écoles et formations d'ingénieurs". Qui s'en chargerait désormais?
Si une intervention politique semble inéluctable dans ce dossier, force est de rappeler que le président de la CTI n'a jamais été défavorable à un "rapprochement" avec l'AERES, rapprochement qu'il jugeait encore "indispensable" dans le journal d'informations de son organisme publié en avril. La concertation voulue depuis quelques mois pour parvenir à un compromis préservant une certaine autonomie "n'a pas fonctionné", prend-il acte.