- Notre rôle consiste à relever les points forts et les points faibles des établissements, ainsi qu'à émettre des recommandations. C'est ensuite au ministère en lien avec l'université ou le laboratoire de décider de moyens supplémentaires à allouer à telle ou telle mission et aux établissements et organismes eux-mêmes de réfléchir à une éventuelle réorientation stratégique. Les évaluations publiées sur notre site doivent ainsi servir de base à la mise en place de nouveaux contrats quadriennaux ou contrats d'objectifs et de moyens entre le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche et la structure concernée. Certaines régions exploitent également nos évaluations - dans la répartition de leurs moyens aux universités.
Pour notre part, nous revenons quatre années plus tard pour vérifier les progrès réalisés.
- La Mission scientifique technique et pédagogique du ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche avait publié sur son site un classement des écoles doctorales… La MSTP ayant disparu, ce classement n'apparaît plus sur le site web du ministère, et n'est pas sur celui de l'AERES. Le reverra-t-on un jour ?
- Nous avons d'ores et déjà évalué un certain nombre d'écoles doctorales. Lorsque toutes auront été effectivement visitées, d'ici trois à quatre ans, nous établirons une notation complète mais qui tiendra compte des différentes catégories d'institutions en place dans notre pays. Ce qui nous intéresse, c'est d'arriver à faire progresser chaque école doctorale plutôt que de simplement les classer. Nous sommes en train d'établir une typologie des universités et des écoles pour ensuite comparer ce qui sera comparable. Un ranking des universités françaises à vocation internationale par rapport à leurs grandes concurrentes étrangères serait par exemple pertinent.
- Que pensez-vous de l'évaluation des enseignements par les étudiants, sujet dont on parle beaucoup aujourd'hui ? L'AERES a-t-elle vocation à reprendre cette tâche à son compte ?
- C'est aux universités et aux grandes écoles de faire évaluer par les étudiants leurs enseignements et leurs enseignants. Cette pratique, du reste très répandue à l'étranger, était d'ailleurs en vigueur à Paris 5, établissement que je présidais auparavant. L'AERES compte pour sa part associer davantage d'étudiants dans ses propres évaluations tant dans les comités d'experts qui se rendent sur les sites qu'au niveau de la définition de sa stratégie.