Moderniser les aides aux étudiants pour les rendre plus justes : tel est l'un des objectifs du chantier sur les conditions de vie étudiante lancé par le gouvernement. Une des dernières études du ministère de l'Education nationale (1) donne justement un éclairage intéressant sur les bourses de l'enseignement supérieur, dont la finalité est de "réduire les inégalités sociales" selon le Code de l'éducation. Le budget qui leur est alloué est stable depuis 2001, à 1,3 milliard d'euros annuels, mais il avait fortement augmenté depuis 1995, de 25% (en euros constants). En 2005, selon les derniers chiffres disponibles, quelque 522 000 étudiants (+1,3% par rapport à 2004) ont bénéficié d'une bourse de l'Education nationale: pour 95% d'entre eux d'une bourse sur critères sociaux, pour les autres d'une bourse sur critères universitaires.
Les bourses sur critères sociaux, dont le but est de favoriser l'accès à l'enseignement supérieur des jeunes de conditions sociales défavorisées, peuvent prendre la forme d'une exonération des droits d'inscription et de la sécurité sociale étudiante, jusqu'au versement d'une aide, d'un montant de 1 335 euros à 3 607 euros par an. D'autres bourses sur critères sociaux existent: les allocations d'études, créées en 1999 pour les étudiants rencontrant des difficultés particulières, ou en situation d'indépendance ou de rupture familiale (plus de 10 000 bénéficiaires en 2005), ainsi que les bourses de mérite, pour l'accès à des formations supérieures telles l'ENA, l'ENM, des grandes écoles scientifiques et les études de médecine (842 bénéficiaires).
Quant au deuxième dispositif, les bourses sur critères universitaires, contingentées, elles dépendent principalement de critères pédagogiques (résultats universitaires) et concernent les étudiants de troisième cycle, ceux préparant l'agrégation (bourses d'agrégation) ou certains concours administratifs (bourses de service public). Plus de 12 500 étudiants reçoivent chaque année ces aides, s'échelonnant de 3 561 à 4 200 euros.